
29e Congrès Metropolis Canada
Rejoignez-nous à Vancouver du 10 au 12 mars 2027 pour examiner la migration dans un écosystème en constante évolution

L’AEC-Metropolis réunit les données et le dialogue sur l’identité canadienne, l’immigration et l’intégration.
L’Association d’études canadiennes et l’Institut Metropolis contribuent à l’avancement des connaissances et à une meilleure compréhension de l’histoire canadienne, de la vie civique et des politiques publiques. Grâce à la recherche fondée sur des données probantes, aux publications, au dialogue public et à la mobilisation des connaissances, l’AEC examine comment l’histoire, l’immigration, la diversité et l’évolution des identités façonnent le Canada et le sentiment d’appartenance de la population canadienne. En réunissant des chercheurs, des décideurs, des éducateurs et des organismes communautaires de partout au pays, l’AEC-Metropolis favorise une participation civique éclairée, renforce la compréhension du public et élabore des réponses concrètes aux enjeux complexes auxquels fait face la société canadienne.

Ce numéro de Thèmes canadiens vise à éclairer les paramètres de la conversation actuelle. Sa contribution centrale consiste à relier le changement démographique aux institutions, aux identités et aux discours politiques à travers lesquels ce changement est compris et géré. Les textes passent d’un récit historique de la transformation démographique du Canada au défi stratégique que pose le maintien de l’immigration, des leçons régionales en matière d’intégration aux nouvelles formes de diversité raciale et religieuse, puis, enfin, à l’évolution du sens du multiculturalisme et à la politique de l’anxiété démographique. Pris ensemble, ils montrent que la démographie n’est pas simplement une affaire de résultats démographiques. Elle concerne aussi les lieux où vivent les gens, la capacité des institutions à réagir, la façon dont les identités sont mesurées, la possibilité pour les nouveaux arrivants de participer pleinement, et la confiance que conservent les Canadiens à la fois envers la diversité et envers la capacité du pays à encadrer et à gérer efficacement ces changements.
Un sondage Léger réalisé pour l’Association d’études canadiennes du 4 au 6 septembre 2026 révèle un pessimisme marqué quant aux perspectives de résolution de plusieurs grands conflits internationaux. Parmi les quatre conflits étudiés, les Canadiens jugent celui entre Israéliens et Palestiniens étant le moins réconciliable : seuls 14 % estiment qu’une réconciliation est possible, contre 23 % pour la Russie et l’Ukraine, 26 % pour l’Iran et les pays occidentaux et 35 % pour la Russie et les États-Unis. Les jeunes Canadiens sont généralement plus optimistes que les répondants plus âgés, tandis que les hommes sont plus susceptibles que les femmes de juger les conflits réconciliables. Les francophones expriment un pessimisme particulièrement marqué : 68 % qualifient le conflit israélo-palestinien d’irréconciliable, contre 55 % des anglophones. Ce pessimisme dépasse les relations internationales et touche la vie personnelle des Canadiens. Un peu plus de la moitié des répondants, soit 52 %, estiment qu’il est de plus en plus difficile pour des personnes aux opinions opposées sur les grands conflits internationaux de rester amies, tandis que 21 % seulement ne sont pas d’accord. Cette perception est remarquablement constante chez les Canadiens francophones, anglophones et allophones, ce qui suggère que les effets polarisants des conflits internationaux transcendent les frontières linguistiques. Les résultats font ressortir une préoccupation plus large : les conflits mondiaux façonnent de plus en plus les relations au pays et compliquent le maintien du dialogue malgré de profondes divergences politiques.
Près des deux tiers des Canadiens — 64 % — disent être attachés à leurs origines ethniques ou à leur ascendance, dont 28 % qui se disent très attachés. Cet attachement est assez répandu au pays : il atteint 67 % au Québec et dans le Canada atlantique, 66 % en Colombie-Britannique et 65 % en Ontario. Les Québécois et les Britanno-Colombiens sont les plus susceptibles de se dire très attachés à leur ascendance, à 33 % et 32 % respectivement. Parallèlement, l’attachement national demeure nettement plus fort. Quatre-vingt-deux pour cent des Canadiens disent être attachés au Canada, dont 50 % très attachés. Les écarts régionaux restent toutefois importants. L’attachement au Canada atteint 92 % dans le Canada atlantique, contre 73 % au Québec. Seulement 33 % des Québécois se disent très attachés au Canada, comparativement à 63 % dans le Canada atlantique, 58 % en Alberta et 55 % en Colombie-Britannique. L’un des constats les plus importants concerne l’évolution générationnelle. Les Canadiens de 18 à 24 ans sont le groupe d’âge le plus susceptible de se dire très attaché à ses origines ethniques, à 36 %. Pourtant, 85 % de ce même groupe d’âge disent être attachés au Canada. Les plus jeunes Canadiens semblent donc à l’aise de conjuguer ces deux identités. Leur attachement à leur ascendance ne se traduit pas par un rejet du pays. Il existe toutefois un important clivage selon l’âge quant à l’intensité de l’attachement au Canada. Seulement 40 % des Canadiens de 18 à 24 ans se disent très attachés au Canada, comparativement à 62 % des 55 à 64 ans et à 69 % des 65 ans et plus. Les jeunes Canadiens ne sont pas nécessairement détachés du Canada, mais leur attachement est plus souvent qualifié de « plutôt » que de « très » fort.
Cette étude a été réalisée au moyen d’un sondage Web auprès de Canadiens âgés de 18 ans et plus. Au total, 1 700 personnes ont répondu au sondage, dont un échantillon d’appoint de 200 personnes issues de l’immigration. L’échantillon de base de 1 500 répondants a été réparti de manière à refléter la population canadienne générale, tandis que les 200 répondants supplémentaires ont permis une analyse plus robuste des populations immigrantes. Les répondants ont été sélectionnés au hasard à partir du panel en ligne de Léger et invités à participer par courriel. Le questionnaire était offert en français et en anglais. Le travail de terrain pour cette étude s’est déroulé du 14 au 27 avril 2026. Le projet a été dirigé par l’Association d’études canadiennes, en collaboration avec le Diversity Institute et le Centre des Compétences futures – Future Skills Centre. Le Centre des Compétences futures – Future Skills Centre est financé par le programme Compétences futures du gouvernement du Canada. Les opinions et analyses présentées ici sont celles des auteur·e·s et ne reflètent pas nécessairement celles du gouvernement du Canada.
L’Holocauste a été la persécution et le meurtre systématiques, commandités par l’État, de six millions de Juifs par l’Allemagne nazie et ses collaborateurs, parallèlement au ciblage d’autres groupes; il demeure un avertissement essentiel sur ce à quoi peuvent mener l’antisémitisme, la déshumanisation et l’indifférence. Un sondage Léger réalisé en juin 2027 pour l’Association d’études canadiennes révèle qu’une majorité de Canadiens ne sont pas d’accord pour dire que l’Holocauste appartient au passé et qu’il n’est plus aussi pertinent pour la société actuelle. Toutefois, une minorité importante, environ le tiers, est d’accord pour dire qu’il est moins pertinent aujourd’hui. Cet accord avec l’idée de « passer à autre chose » n’est pas une opinion neutre : beaucoup de ceux qui l’appuient adhèrent de manière disproportionnée à des stéréotypes antisémites, comme le montre l’analyse plus détaillée des résultats. Parmi ceux qui sont tout à fait d’accord pour dire que, depuis le 7 octobre 2023, ils ont développé une attitude plus négative envers les personnes juives, 51 % sont tout à fait d’accord pour dire que l’Holocauste relève surtout du passé. Parmi ceux qui sont tout à fait d’accord pour dire que les personnes juives au Canada sont responsables des actions du gouvernement israélien, 55 % sont tout à fait d’accord pour dire que l’Holocauste relève surtout du passé et n’est plus aussi pertinent pour la société actuelle. Parmi ceux qui sont tout à fait en désaccord pour dire que les Juifs canadiens sont responsables du gouvernement israélien, seulement 7 % sont tout à fait d’accord pour dire que l’Holocauste appartient surtout au passé. Les résultats montrent que les personnes qui estiment qu’il est temps de « passer à autre chose » au sujet de l’Holocauste sont plus enclines à adhérer au stéréotype antisémite qui consiste à tenir les Juifs collectivement responsables des actions d’Israël. Autrement dit, les tableaux croisés suggèrent que la minimisation de l’Holocauste et les généralisations antisémites contemporaines se renforcent mutuellement. Les personnes qui confondent Israël, le gouvernement israélien, les Juifs dans le monde et les Juifs au Canada sont aussi plus susceptibles de rejeter la pertinence continue de la mémoire de l’Holocauste. Bien sûr, toutes les personnes qui suggèrent qu’il est temps de tourner la page sur l’Holocauste ne sont pas antisémites, mais les données confirment un lien fort entre les stéréotypes antisémites contemporains et l’affaiblissement de la mémoire de l’Holocauste.
Ce numéro spécial de Thèmes Canadiens examine l’état de l’unité nationale à un moment où le Canada se trouve de nouveau confronté à de vieilles questions sous des formes nouvelles.