L’engouement entourant la migration des Américains vers le Canada : s’agit-il d’une question politique ou démographique ?

avril 17, 2026

Étant donné que les critères d’accès à la citoyenneté canadienne ont été élargis avec l’adoption du projet de loi C-3 modifiant la Loi sur la citoyenneté du Canada, des millions d’Américains pourraient désormais devenir admissibles à revendiquer la citoyenneté canadienne. Cette modification annule la limite dite de la « première génération » imposée par le gouvernement conservateur du Canada en 2009. Avec ce changement de critères, on observe un regain de « buzz » autour du vif intérêt des Américains pour ce qu’on pourrait appeler une « assurance de résidence canadienne ». Cela a un air de déjà-vu : au lendemain immédiat de l’élection du président américain Trump en 2016, puis de nouveau en 2024, on a beaucoup parlé d’Américains souhaitant partir vers le nord. Mais il existe un écart important entre la forte intention affichée d’un tel départ et la réalité concrète. En réalité, le nombre de résidents permanents venant des États-Unis pour s’installer au Canada a diminué, passant d’environ 10 800 Américains en 2023 à 9 300 en 2024, puis à 7 520 en 2025. En 2023, les données américaines sur l’immigration indiquaient qu’environ 11 900 Canadiens avaient été admis comme résidents permanents dans ce pays — aucune mise à jour n’a été publiée depuis. Les demandes de résidence permanente déposées par des citoyens américains entre 2024 et 2025 ont baissé de 10 %, ce qui reflète un recul mondial plus large à la fois des admissions et des demandes. Le nombre d’Américains titulaires de permis de travail ouverts a également diminué entre 2024 et 2025, quoique moins fortement que la baisse générale de ce type de permis. Plutôt que la politique ou l’idéologie, c’est la motivation économique qui constitue le principal moteur des déplacements transfrontaliers des Américains et des Canadiens, respectivement.