L’importance de nos liens ancestraux : la relation entre l’attachement aux origines ethniques et l’attachement au Canada

août 7, 2026

Près des deux tiers des Canadiens — 64 % — disent être attachés à leurs origines ethniques ou à leur ascendance, dont 28 % qui se disent très attachés. Cet attachement est assez répandu au pays : il atteint 67 % au Québec et dans le Canada atlantique, 66 % en Colombie-Britannique et 65 % en Ontario. Les Québécois et les Britanno-Colombiens sont les plus susceptibles de se dire très attachés à leur ascendance, à 33 % et 32 % respectivement. Parallèlement, l’attachement national demeure nettement plus fort. Quatre-vingt-deux pour cent des Canadiens disent être attachés au Canada, dont 50 % très attachés. Les écarts régionaux restent toutefois importants. L’attachement au Canada atteint 92 % dans le Canada atlantique, contre 73 % au Québec. Seulement 33 % des Québécois se disent très attachés au Canada, comparativement à 63 % dans le Canada atlantique, 58 % en Alberta et 55 % en Colombie-Britannique. L’un des constats les plus importants concerne l’évolution générationnelle. Les Canadiens de 18 à 24 ans sont le groupe d’âge le plus susceptible de se dire très attaché à ses origines ethniques, à 36 %. Pourtant, 85 % de ce même groupe d’âge disent être attachés au Canada. Les plus jeunes Canadiens semblent donc à l’aise de conjuguer ces deux identités. Leur attachement à leur ascendance ne se traduit pas par un rejet du pays. Il existe toutefois un important clivage selon l’âge quant à l’intensité de l’attachement au Canada. Seulement 40 % des Canadiens de 18 à 24 ans se disent très attachés au Canada, comparativement à 62 % des 55 à 64 ans et à 69 % des 65 ans et plus. Les jeunes Canadiens ne sont pas nécessairement détachés du Canada, mais leur attachement est plus souvent qualifié de « plutôt » que de « très » fort. Les immigrants sont beaucoup plus susceptibles que les non-immigrants de se sentir attachés à leurs origines ethniques — 78 % contre 62 % — mais ils sont aussi légèrement plus susceptibles de se sentir attachés au Canada, à 85 % contre 81 %. De même, 75 % des répondants racisés déclarent un attachement à leurs origines ethniques, comparativement à 62 % des répondants blancs, tandis que les deux groupes affichent le même niveau global d’attachement au Canada, soit 82 %. Parmi les Canadiens qui se disent très attachés à leurs origines ethniques, 89 % sont également attachés au Canada et 66 % y sont très attachés. Parmi ceux qui sont plutôt attachés à leur ascendance, 88 % sont attachés au Canada. En revanche, l’attachement au Canada tombe à 67 % chez ceux qui ne sont pas du tout attachés à leurs origines ethniques. Les différences linguistiques révèlent une autre dimension importante. Les anglophones affichent un écart de 22 points entre l’attachement au Canada et l’attachement à leur ascendance — 84 % contre 62 %. Chez les allophones, l’attachement est élevé sur les deux mesures : 89 % sont attachés au Canada et 84 % à leurs origines ethniques. Les francophones présentent eux aussi un écart de seulement cinq points, mais cela tient au fait que l’attachement est plus faible sur les deux mesures : 70 % au Canada et 65 % aux origines ethniques. Le Québec présente l’un des constats les plus contre-intuitifs du sondage. Les Québécois de 18 à 24 ans sont plus attachés au Canada que l’ensemble des Québécois : 84 % des plus jeunes disent être attachés au Canada, contre 71 % dans l’ensemble du Québec. Bien que seulement 37 % des jeunes Québécois se disent très attachés, 47 % supplémentaires se disent plutôt attachés. Ce résultat nuance l’idée selon laquelle les jeunes Québécois s’éloigneraient nécessairement de l’identification canadienne.